POUR UN AUTRE MODELE DE DEVELOPPEMENT SOCIAL ET ECONOMIQUE

GROUPE  AUDE
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TTIP/TAFTA : L’arrêt des négociations n’est pas négociable

TEXTE DU COMMUNIQUE :

Nouvelle Donne se prononce pour l’arrêt immédiat des négociations entamées sur le Partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement (Transatlantic trade and investment partnership ou TTIP).

Ce projet n’est qu’une résurgence de l’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI) auquel le gouvernement de Lionel Jospin avait décidé de soustraire la France en 1998. Il consiste notamment à soumettre les Etats à des tribunaux d’arbitrage privé où des entreprises pourront plaider pour la suppression de dispositions sociales, environnementales, de santé publique ou de protection des consommateurs.

Les raisons pour lesquelles la gauche au pouvoir a rompu ces négociations en 1998 sont encore toutes réunies en 2014 : s’il était bon de rompre hier, il est bon de rompre aujourd’hui.

Nouvelle Donne appelle tous les citoyens, responsables associatifs, responsables socioprofessionnels, intellectuels, artistes à rappeler que le mandat donné à nos élus n’a jamais prévu de s’asseoir à la table des plus grands prédateurs économiques de la planète pour céder à leur appétit de casse sociale et environnementale.

Patrick BEAUVILLARD
Porte-parole de Nouvelle Donne

A lire, ci-dessous, la note rédigée par Susan George pour Nouvelle Donne :

L’Union européenne a fait circuler un mandat pour que l’Europe engage des négociations avec les États-Unis sur le « Partenariat Transatlantique sur le Commerce et l’Investissement » (TTIP en anglais ou TAFTA, TransAtlantic Free Trade Agreement / Accord de Libre-échange Transatlantique) que la France a signé. Cet accord, dont le texte est tenu secret, contiendra très certainement un chapitre sur l’ISDS (Investor to State Dispute Settlement), soit la « Résolution des Différends entre Investisseurs et États ».

Cette disposition donnerait à toute entreprise américaine investissant dans un pays européen le droit de porter plainte devant un tribunal d’arbitrage privé contre un État dont une mesure quelconque serait, à son avis, de nature à porter atteinte à ses profits actuels ou même espérés dans le futur. Un tel mécanisme, déjà en vigueur dans de très nombreux traités bilatéraux, a donné lieu à plus de 560 litiges demandant des compensations financières élevées et l’abrogation de nombreuses lois visant la protection des consommateurs, de la santé publique, de l’environnement, etc. Les avocats, surtout américains et anglais, spécialisés dans ce genre de litiges prévoient une « explosion » du nombre de procès .

Ce traité, préparé depuis 1995 par les entreprises transnationales des deux cotés de l’Atlantique dans le cadre du « Transatlantic Business Dialogue », donnerait un immense pouvoir aux entreprises transnationales et mettrait fin à la capacité d’un État comme la France de réguler dans un grand nombre de domaines (gaz de schiste, OGM, tabac, produits pharmaceutiques, émissions de gaz à effet de serre, cotisations sociales, contributions retraites, droit du travail, etc.).

La position de Nouvelle Donne sur ce Traité est de refuser toute négociation. Le « commerce » est déjà très libre avec des droits de douane de l’ordre de 2 à 3 %, sauf pour l’agriculture et les véhicules. L’investissement représente déjà quelques 2.700 milliards de dollars et n’a pas besoin de modifications ni de davantage de protection.

Il ne s’agit *que* de minimiser toute régulation, d’abaisser les normes et de donner des droits exorbitants aux entreprises transnationales. Ce ne sont pas des « exceptions », culturelles ou autres, qui peuvent enrayer la nocivité d’un instrument qui serait utilisé pour réduire le niveau de régulation européen jusqu’à celui, beaucoup moins élevé, des États-Unis, ouvrant la porte aux bœufs aux hormones et autres poulets au chlore.

L’Union européenne a envoyé un mémo à toutes ses Directions de « vendre » le TTIP/TAFTA sur la base des « emplois et la croissance » alors que toutes les études sérieuses démontrent que sa contribution à ces objectifs serait minime. Nouvelle Donne se prononce pour l’arrêt immédiat des négociations sur ce partenariat et s’opposera à ce que l’Europe s’asseye à cette table-là.

Susan GEORGE
Membre du Bureau de Nouvelle Donne

 

Nouvelle Donne pour le Collectif Roosevelt

Économiste fondateur du Collectif Roosevelt, Pierre Larrouturou a lancé le 28 novembre un nouveau mouvement : Nouvelle Donne, dont le premier objectif est les élections européennes. Entretien

 

http://www.politis.fr/Nouvelle-Donne-pour-le-Collectif,24762.html

La réforme de la PAC :La disparition de 50% des paysans de l'Aude....

Non à la disparition des petits paysans
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Non à la disparition des petits paysans
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Soutien aux viticulteurs poursuivis !
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Soutien aux viticulteurs poursuivis
Pour une réforme des interprofessions libérales qui font le jeu des négociants et des grosses exploitations !
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Conseil d'Administration Roosevelt d'octobre
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CA Roosevelt 20 octobre 2013
Relevés de décisions
CollectifRoosevelt-CA-20octobre2013-prés
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Les députés ont renoncé lundi à renforcer la taxe en vigueur sur les transactions financières à la satisfaction du gouvernement.
En effet, Bernard Cazeneuve, ministre du Budget, et Pierre Moscovici, ministre de l'économie et des finances, estiment qu'elle pénaliserait le monde de la finance...
Perte pour l'Etat : 1 milliard d'euros.
C'est quand le changement exactement ?

 

Les citoyens paieront à la place de la finance mais ils risquent de le faire payer aux prochaines électios!!!!!!

 

Voir le lien ci-dessous

 

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/10/22/taxe-sur-le-trading-haute-frequence-les-deputes-renoncent-a-un-milliard-d-euros-de-recettes_3500699_3234.html

Comment le chômage contribue à la crise!

Nous vivons toujours dans la mystique de la croissance

 
Dominique Méda, professeure de sociologie à l’université Paris-Dauphine, plaide pour une reconversion écologique mêlée de justice sociale. PROPOS RECUEILLIS PAR CÉCILE DAUMAS - LIBÉRATION

 
Alors que les experts économiques s’extasient à l’idée d’un frémissement de la croissance dans la vieille Europe, la sociologue Dominique Méda propose une démarche totalement inverse : oublier notre obsession de la croissance et de la performance maximale pour entamer une autre voie de développement. La Mystique de la croissance, qui vient de paraître chez Flammarion, n’est pas un énième plaidoyer pour la décroissance. Pour Dominique Méda (Photo AFP), professeure de sociologie à l’université Paris-Dauphine, la reconversion écologique n’est pas une punition. Elle n’a de sens que si elle s’articule autour de la justice sociale, avec des bienfaits pour tous comme l’exigence de biens et d’emplois de qualité mais aussi la jouissance de plus de temps libre.

 
Jamais la préoccupation écologique n’a été aussi grande, on n’a jamais autant parlé de modes alternatifs de production, pourtant la croissance reste la référence absolue de notre modèle économique. Pourquoi ?
 
Parce que la plupart de nos dispositifs économiques et sociaux dépendent aujourd’hui de la croissance et que nous sommes des «sociétés fondées sur la croissance». Depuis Adam Smith et ses Recherches sur la nature et la cause des richesses des nations, nous considérons que la production est au centre de la fabrique du lien social. Nous pensons que sans croissance nos sociétés vont s’effondrer.
 
Depuis la fin des Trente Glorieuses, nous implorons le retour de la croissance, nous scrutons l’horizon, nous consultons fiévreusement les augures. Malgré tous les discours sur un autre développement possible, nous continuons à croire dans la mystique de la croissance. Pourtant, si la croissance est nécessaire pour sortir de la grave crise économique et sociale dans laquelle nous nous trouvons, elle accentue la crise écologique avec son cortège de pollutions, d’écosystèmes dégradés, d’émissions de gaz à effets de serre susceptibles d’entraîner un dérèglement climatique majeur. Nous découvrons - ou plutôt nous redécouvrons, car les années 70 avaient une conscience aiguë de cette situation -, que la croissance ne génère pas que des bienfaits mais aussi des maux.
 
Ce que nous oublions chaque jour quand nous prenons notre voiture ou nous achetons le dernier smartphone ?
 
C’est ce que j’appelle l’invisibilité des coûts de la croissance : le produit intérieur brut (PIB) occulte, par construction, les coûts de l’augmentation de la production sur le patrimoine naturel et les conditions de vie. Ce que les années 70 appelaient les «dégâts du progrès». Edmond Maire, le secrétaire général de la CFDT, écrivait en 1972 que la croissance et l’idéologie de la consommation obsession «non seulement ne répondent plus aux besoins humains fondamentaux mais ne peuvent plus être poursuivies sans conduire le monde à la catastrophe». Le lien était déjà établi à l’époque entre la recherche effrénée de gains de productivité et l’exploitation intensive des ressources naturelles, d’une part, et la dégradation des conditions de vie, du sens du travail et de l’environnement, d’autre part.
 
Mais remettre en cause la consommation obsession ne relève-t-il pas de la punition dans une société où la qualité de vie vient aussi de la richesse et de la disponibilité des biens…
En effet, le discours de la reconversion écologique apparaît souvent comme la double peine : il faudrait se serrer la ceinture une première fois du fait de la crise et des mesures d’austérité puis une seconde fois pour prévenir la crise écologique. La question de la consommation est donc centrale. Impossible de demander aux pays les moins développés ou à ceux de nos concitoyens, nombreux, qui n’ont pas accès à des moyens convenables d’existence de réduire leur consommation au nom d’un changement climatique susceptible d’intervenir en 2050.
 
Il faut reconnaître de surcroît le caractère addictif et profondément gratifiant de l’acte de consommation. Il apparaît plus que jamais porteur de libertés pour des individus qui sont de plus en plus contraints, notamment au travail : par le choix infini qu’il semble leur offrir et par l’usage de cet instrument majeur d’émancipation qu’est l’argent.
 
Il semble donc urgent d’associer l’écologie au plaisir et non à la pénitence, comme vient de le dénoncer Pascal Bruckner dans Libération (1)…
 
Le ralentissement de la croissance et la fin des énergies fossiles bon marché n’impliquent en aucune manière une régression. Ils peuvent au contraire constituer une nouvelle voie, n’exigeant en rien le sacrifice de la prospérité et du progrès. Il faut parvenir à mettre en évidence le caractère profondément désirable de ce nouveau modèle de développement, dont l’objectif serait non plus de maximiser les quantités produites mais de satisfaire les besoins humains en prenant soin des «facteurs» de production, c’est-à-dire des travailleurs et du patrimoine naturel. Raisonner «au-delà de la croissance», en se référant non plus au PIB (dont la commission Stiglitz a montré qu’il ne constituait pas une boussole fiable) mais à de nouveaux indicateurs de richesse prenant en considération la qualité du travail, la répartition des revenus et des protections, l’accès à l’emploi et au temps libre, en plus des évolutions du patrimoine naturel me semble de nature à emporter l’adhésion des citoyens, et pas seulement en France ! Le Parlement allemand a publié, en mai, un rapport de 800 pages consacré exclusivement à ces questions et proposé l’adoption de nouveaux indicateurs.
 
Dans le milieu de l’entreprise, on évoque souvent les notions de bonheur et de bien-être ? Une possible voie ?
 
Gardons-nous de tomber dans les pièges du bonheur. Les nouveaux indicateurs de bien-être qui font une large place aux perceptions subjectives et aux variations de la satisfaction personnelle présentent trop souvent la double limite de négliger les déterminants sociaux et les inégalités, d’une part, et les dimensions environnementales, d’autre part. Ces approches continuent de mettre au cœur de leur raisonnement et de leur vision du monde l’anthropocentrisme dans sa version la plus individualiste et la plus utilitariste.
 
C’est pourquoi, il est indispensable de proposer une reconversion qui ne fasse pas l’impasse sur la justice sociale. La santé sociale, aux côtés des préoccupations écologiques, devrait ainsi constituer l’une des deux principales dimensions d’un nouvel indicateur de progrès : la manière dont les chances d’éducation, l’emploi, les revenus sont en permanence redistribués et ré-égalisés est une composante majeure de la santé de la société, de sa capacité à résister à l’éclatement et à l’anomie. Le point fondamental me semble être notre capacité à construire une cause commune et une alliance entre le mouvement écologiste, les travailleurs, les syndicats, les entreprises de bonne volonté et les gouvernements pour promouvoir un nouveau mode de développement dans lequel la croissance des quantités de biens et services produits ne constituerait plus l’alpha et l’oméga de la performance et la figure centrale du progrès.
 
On vous dira que cette cause commune est généreuse humainement mais totalement irréalisable.
 
Paul Ricœur écrit qu’une société sans utopie serait une société sans dessein. Nous devons de toute façon savoir ce que nous ferions si la croissance ne revenait pas. Subsisteraient deux solutions pour faire en sorte que le plus grand nombre ait accès à l’emploi : réduire la durée du travail ou la productivité du travail telle qu’elle est mesurée, au bénéfice de gains de qualité et de durabilité. Ces deux solutions restent, dans l’état actuel du débat public, presque inaudibles. On se souvient de la violence du débat au moment de la discussion de la RTT…
 
Mais là vous parlez aussi de ralentir les gains de productivité… une hérésie pour les entreprises, pire que les 35 heures, non ?
 
De plus en plus, l’augmentation obsessionnelle des gains de productivité dans tous les secteurs apparaît en partie responsable non seulement de la perte de sens du travail mais aussi de la dégradation de la qualité des services. Bertrand de Jouvenel avait attiré l’attention dès les années 60 sur le fait qu’avec les progrès de l’efficacité productive et de la productivité, «s’il gagne des satisfactions comme consommateur, l’homme en perd comme producteur».
 
Ralentir considérablement les gains de productivité dans certains secteurs peut être une piste. C’est la voie proposée en France par Jean Gadrey, qui, non sans faire écho à l’économiste américain Robert Gordon (pour lequel les freins sont désormais trop nombreux pour que la croissance revienne), indique que le concept de gains de productivité ne correspond plus à nos économies de service. Notre PIB est incapable d’enregistrer les gains de qualité. Par exemple, il ne fait pas la différence entre 1 kilo de fraises, goûteuses, cultivées sans pesticides, exigeant une importante main-d’œuvre travaillant à proximité et 1 kilo de fraises ramassées dans des conditions sociales médiocres, bourrées de pesticides et ayant parcouru des milliers de kilomètres avant d’atterrir dans l’assiette du consommateur. C’est évidemment dans cette double prise en considération de la qualité, du travail et des produits, que réside l’intérêt suscité par sa démonstration.
 
Depuis longtemps, vous militez pour une notable réduction du temps de travail. Pourquoi considérez-vous que le travail est aussi une composante majeure d’une reconversion écologique ?
 
Il nous faut reconsidérer les liens entre la pression de plus en plus forte actuellement exercée sur le monde du travail, précisément au nom des gains de productivité et de rentabilité, et le fort malaise au travail qui s’est développé en Europe et notamment en France, comme nous l’avons mis en évidence avec Patricia Vendramin dans Réinventer le travail (PUF, 2013). Dès lors, une alliance entre des consommateurs soucieux de la qualité de ce qu’ils achètent et des travailleurs désireux de retrouver du sens à leur travail peut sans doute permettre de constituer la cause commune dont je parlais précédemment. Une réduction du temps de travail permettant d’accommoder le choc d’un changement de rythme de croissance sur l’économie (mais aussi de réintégrer dans celle-ci les millions de chômeurs qui en sont exclus et de contribuer à améliorer l’égalité professionnelle) peut ainsi être une voie pour répondre aux travaux mettant en évidence que les objectifs fixés par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (réduction de 85 % des gaz à effet de serre d’ici à 2050) sont inaccessibles sans une forte réduction du PIB mondial.
 
Si l’on se souvient qu’en additionnant les temps partiels (majoritairement féminins) et les temps complets, la France a une durée du travail annuelle supérieure à celle de l’Allemagne. Une réduction de la norme de travail à temps complet, favorable à l’égalité hommes-femmes, est ainsi parfaitement envisageable.
 
Et l’autre bénéfice d’une réduction du travail serait de valoriser des activités jugées jusqu’à maintenant futiles voire inutiles...
 
Nul doute qu’un tel modèle permettrait une reconsidération d’activités radicalement méprisées qui, parce qu’elles ne sont pas recensées par le PIB, comptent pour zéro. Toutes ces activités «improductives», consistant à contempler, se promener, être avec les autres, discuter, aimer, s’occuper de ses enfants et de son couple, se reposer, rêver, discuter des conditions de vie communes, faire de la politique contribuent éminemment au bien-être et au lien social et présentent de plus l’immense avantage d’être… infiniment légères (du point de vue de l’empreinte écologique). Ces activités que Françoise Héritier considère comme «le sel de la vie».

A LA UNE !

Edgar MORIN

Un peu de lecture pendant ces vacances.....

 

"Edgar Morin invite à croire que « l’improbable bénéfique » peut arriver. Pour le sociologue, le changement se produira à l’échelle planétaire......"

Pour lire la suite de cet excellent texte cliquez sur le lien suivant .

 

http://www.humanite.fr/m/politique/edgar-morin-l-idee-de-metamorphose-dit-qu-au-fond-546175

http://www.retraites2013.org/je-soutiens/

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Lors de la Conférence sociale du 20 juin, François Hollande a annoncé que, dans le cadre de la prochaine réforme des retraites, l’allongement de la durée de cotisation sera « la mesure la plus juste » face à « cette chance formidable qu’est l’allongement de l’espérance de la vie ». Cette voie n’est pas acceptable. Les réformes de 1993, 2003, 2007 et 2010 ont déjà réduit les droits à pensions de plus de 30 %, en aggravant les inégalités déjà fortes entre les pensions des femmes et celles des hommes. Elles doivent donc être remises en cause.

 

Refusons les régressions sociales

« On vit plus vieux, il faut donc travailler plus longtemps », tel est l’argument qu’on nous rabâche. Mais on oublie de préciser qu’augmenter la durée de cotisation, c’est en réalité programmer la baisse des pensions. Baisse immédiate pour tous ceux – chaque année plus de la moitié des nouveaux retraités – qui passent directement du chômage, ou de l’inactivité, à la retraite, et qui ne pourront jamais atteindre cette durée. Baisse à venir pour les nouvelles générations entrées plus tard dans la vie professionnelle du fait de l’allongement des études et qui connaissent déjà un chômage massif, aggravé par l’incitation faite aux seniors qui le peuvent de prolonger leur activité. On oublie aussi de rappeler que l’allongement de la durée de cotisation et la décote pénalisent plus fortement les personnes aux carrières courtes, en majorité des femmes. L’espérance de vie augmente, mais l’espérance de vie en bonne santé, elle, diminue depuis plusieurs années. La souffrance au travail se développe, de nouvelles pathologies apparaissent. Les plus dures années au travail sont entre 60 et 65 ans. Les meilleures années de la retraite sont entre 60 et 65 ans. L’allongement de la durée de cotisation, c’est la double peine. Nous ne pouvons pas l’accepter.

 

L’austérité sans fin est suicidaire

Le gouvernement justifie cette nouvelle réforme par l’allongement de la durée de vie. Mais le déficit actuel ne doit rien au vieillissement de la population. Il s’explique par la récession qui se creuse en Europe, détruit des millions d’emplois et diminue les cotisations sociales induites par l’emploi. Cette récession provient essentiellement des politiques de réduction des dépenses publiques et de baisse du « coût du travail » menées partout en Europe par les gouvernements en accord avec la Commission. Si, comme cela semble être le cas, le gouvernement inscrit la réforme dans le cadre de ces politiques, il ne pourra que retenir des pistes entraînant une nouvelle baisse du niveau des pensions. Ce qui diminuerait encore le pouvoir d’achat des retraités, aggraverait la récession et entraînerait une nouvelle hausse du chômage. Sans qu’au bout du compte les déficits ne soient  réduits !

 

Il est possible de faire autrement

L’augmentation de l’espérance de vie ne date pas d’aujourd’hui. Par le passé, elle s’est accompagnée d’une diminution du temps passé au travail et d’une amélioration du niveau de vie, grâce à un partage de la richesse produite. C’est à nouveau la voie à suivre.

Pour augmenter le volume des cotisations sociales, il faut en finir avec l’austérité, relancer l’emploi par une réduction du temps de travail, une sécurisation de l’emploi, de la formation et du revenu, une augmentation des minima sociaux, une politique audacieuse d’investissement en matière sociale et écologique. Une voie supplémentaire, toujours négligée, pour répondre au besoin de financement des retraites, est la réalisation de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, à la fois par l’accroissement du taux d’activité des femmes, la suppression des inégalités salariales et la lutte contre le temps partiel subi. Il s’agit là de choix politiques de justice et de solidarité.

Il y a plus de retraité-es ? A moins de décréter leur paupérisation, il est normal de financer leurs retraites en augmentant leur part dans la richesse produite. Selon le Conseil d’orientation des retraites, il faudrait, à législation inchangée, un point de PIB supplémentaire en 2020 pour équilibrer le système de retraite alors que la part des salaires a chuté d’environ 6 points au cours des dernières décennies en faveur des dividendes.

 

Pour une large mobilisation citoyenne

La question des retraites pose celle de la société dans laquelle nous voulons vivre. La retraite à 60 ans par répartition n’est pas un fardeau, elle est une transmission continue et solidaire de la prise en charge d’une génération par la suivante. C’est pourquoi elle dépend aussi de l’avenir que la société sera capable d’offrir aux jeunes générations. Nous ne pouvons accepter la paupérisation programmée des futurs retraité-es, la destruction des solidarités sociales, l’idéologie absurde du « travailler toujours plus » dans une société productiviste et inégalitaire. Cet engrenage favorise l’extrême droite et menace à terme la démocratie. Comme en Europe du Sud et dans bien d’autres pays du monde, la société doit se mettre en mouvement. Pour y contribuer nous organiserons partout des réunions, des initiatives de rue, des ateliers d’éducation populaire et nous soutiendrons les initiatives prises par le mouvement syndical. Nous voulons un système de retraites solidaire. Pas un trimestre de plus, pas un euro de moins !

Gare au prochain tsunami financier

Le Monde 14 juin 2013

 

Par Michel Rocard, ancien premier ministre, et Pierre Larrouturou, économiste.

 

"Toutes les grandes défaites se résument en deux mots : trop tard" affirmait le Général MacArthur. Allons-nous attendre qu’il soit trop tard pour comprendre la gravité de la situation ? Allons-nous attendre qu’il soit trop tard pour rompre avec des stratégies qui nous mènent dans le mur ?

 

Officiellement, il y a eu 40.000 chômeurs supplémentaires en avril. Mais le Ministère indique qu’en un mois, il y a eu 534.000 nouveaux inscrits à Pôle Emploi. Si le chômage augmente de 40.000 "seulement" c’est que, dans le même temps, 494.000 personnes quittaient les fichiers de Pôle Emploi. "Presque la moitié ont repris un emploi" indique le Ministère. On en conclut qu’une moitié n’a pas retrouvé d’emploi : certains sont en stage. D’autres ont des problèmes administratifs mais, chaque mois, 80.000 ou 100.000 personnes tombent en fin de droit.

 

Dans le Sud de l’Europe, c’est pire encore : en Italie, le chômage touche près de 3 millions d’adultes mais il y a trois millions de "découragés" qui ont abandonné leur recherche d'emploi. "On organise une boucherie sociale" affirme le patronat italien. En Espagne, il y a 6.200.000 chômeurs et combien de pauvres ? "A Madrid, plus aucun fils d’ouvrier ne va à la Faculté, témoigne une jeune Espagnole. Quelque chose est en train de se casser. Si rien ne change, l’Espagne va perdre la maitrise de son avenir."

 

La situation est-elle meilleure dans le reste du monde ? Aux Etats-Unis, malgré des déficits colossaux (la dette publique a augmenté de 1.100 milliards en un an), malgré le soutien de la Réserve fédérale qui crée chaque mois 85 Mds ex nihilo pour financer ces déficits, le taux d’activité est tombé à un plus bas historique : 63,3 %.

 

Les chiffres du chômage sont stables mais, en un mois, 495.000 chômeurs ont renoncé à chercher un emploi et sont sortis des statistiques. Même avec des politiques budgétaires et monétaires ultra-accommodantes, les Etats-Unis n’arrivent pas à sortir du chômage. En mai, l’activité industrielle a commencé à reculer.

 

Au Japon, le gouverneur de la banque centrale a démissionné il y a trois mois, refusant de cautionner plus longtemps une politique qui, en vingt ans, a poussé la dette publique à 230 % du PIB : malgré des plans de relance pharaoniques, malgré une politique de recherche très ambitieuse, le Japon n’a que 0,7 % de croissance en moyenne depuis qu’a éclaté sa bulle, au début des années 1990. Et encore, ces 0,7 % viennent des exportations vers les Etats-Unis et l’Europe… Le gouverneur de la Banque centrale du Japon a démissionné mais, au lieu de réfléchir à une politique alternative, son successeur a décidé de continuer comme avant mais en pire. Peut-on soigner une gueule de bois en buvant tous les matins une grande bouteille de Saké ? Le 30 mai, le FMI a publiquement averti que, en poussant son déficit public à 9,8 % PIB, le Japon prenait des "risques considérables".

 

En Chine, la bulle immobilière vient d’éclater 

Les deux moteurs de la croissance chinoise ont calé en même temps : les ventes de logement ont baissé de 25 % en un an et les exportations vers l’Europe reculé de 9,8 %. Officiellement, la Chine ne traverse qu’un "petit ralentissement" mais si l’on observe la consommation d’électricité (indicateur plus difficile à enjoliver que le PIB), la Chine est plus proche de la récession que d’une croissance de 6 %. En mai, l’activité industrielle a reculé : il ne s’agit pas d’un ralentissement dans la croissance mais bien d’un recul.

 

On a vu en Espagne ce que donne l’éclatement d’un bulle immobilière : le chômage a triplé et José Luis Zapatero a dû démissionner. En Chine, la bulle est plus grosse qu’elle ne l’était en Espagne. Et son explosion risque d’avoir des conséquences sociales nettement plus graves car il n’y a pas de couverture sociale pour les chômeurs, ni de solidarité familiale pour des millions d’hommes déracinés. Mais les dirigeants chinois n’ont aucune envie d’abandonner le pouvoir : ils ont annoncé qu’ils vont doubler le budget militaire d’ici à 2015 afin d’avoir 4 fois le budget de l’armée du Japon, l’ennemi héréditaire.

 

Début mars, alors que le FMI indiquait que la dette privée de la Chine a augmenté de 30 % PIB en un an, sans que cela suffise à relancer l’activité, Taiwan annonçait avoir installé 50 missiles tournés vers des bases militaires chinoises... Comme le dit le Gouverneur de la Banque d’Angleterre, "la prochaine crise risque d’être plus grave que celle de 1930".

 

C’est dans ce contexte que s’ouvre en France la Conférence sociale des 20 et 21 juin. Elle doit lancer un nouveau cycle de négociation sur l’emploi. L’un des hauts fonctionnaires de la Direction du Trésor chargé de préparer une "note de cadrage" pour cette Conférence affirmait récemment que la France est retombée dans une "petite récession". Du point de vue comptable et si l’on pense que la France est seule au monde, il raison. Mais peut-on en rester au point de vue comptable ?

 

Non ! Ceci n’est pas une petite récession. Une banale récession comme nous en avons déjà connu 4 en quarante ans. Edgar Morin a raison : nous sommes face à une crise de civilisation. Comme celle de 1929, cette crise peut conduire à la barbarie : guerre aux frontières de la Chine, guerres pour l’eau ou pour l’énergie, émeutes urbaines et montée de l’extrême droite en Europe… Si nous continuons à laisser pourrir la situation, si nous continuons à mettre quelques rustines en misant sur un miraculeux retour de la croissance (auquel plus personne ne croit) tout cela peut, en quelques années, finir dans un fracas terrifiant.

 

Et, dès aujourd’hui, nous sommes nombreux à ressentir un malaise plus intime : qui donc est l’Homme pour être traité ainsi ? Qui donc est l’Homme pour accepter que des millions d’hommes et de femmes vivent dans la plus grande pauvreté alors que, globalement, nous n’avons jamais été aussi riches ? Qui sommes-nous, femmes et hommes, pour être incapables de garder la maîtrise de notre avenir, ballotés comme des fétus de paille, d’une crise à l’autre ? Homo Sapiens Sapiens ou Homo Nullus Nullus ?

 

Crise sociale, crise financière, crise climatique, crise démocratique, crise du sens… dans tous ces domaines, nous sommes proches d’un point de non-retour. L’humanité risque une sortie de route. C’est l’ensemble de notre modèle de développement qu’il faut changer, de toute urgence.

 

Pour éviter qu’un Tsunami sur les marchés financiers n’ait un impact direct sur l’économie réelle, pour lutter radicalement contre la spéculation et contre les risques liés au surendettement des Etats, la France doit demander que soit organisé au plus vite un nouveau Bretton Woods.

 

Pour sortir l’Europe de l’austérité et de la récession, il faut mettre fin aux privilèges incroyables des banques privées dans le financement de la dette publique et financer à 1 % la vieille dette publique[1], lutter frontalement contre les paradis fiscaux (le code des marchés publics doit interdire de commande publique les entreprises qui se soustraient à l’impôt) et négocier la création d’un impôt européen sur les dividendes (en vingt ans, le taux moyen d’impôt sur les bénéfices est passé de 37 à 25% en Europe !). Si l’on fait cela, nous pourrons retrouver l’équilibre des finances publiques sans austérité.

 

Il faut aussi agir avec force contre le chômage et la précarité en fixant à la négociation sociale qui débute les 20 et 21 juin un objectif très ambitieux : au Pays-Bas et au Danemark, les partenaires sociaux ont été capables d’élaborer en quelques semaines un nouveau contrat social assurant un meilleur partage des gains de productivité, qui a permis de diviser par 2 le chômage tout en restaurant l’équilibre de la balance commerciale. Pourquoi n’en serions-nous pas capables nous aussi ?

 

Petite récession ou crise de civilisation ? La réponse est évidente. Politiques et partenaires sociaux doivent absolument se laisser bousculer par la crise. Personne ne leur en voudra de tenir un discours de vérité. Au contraire !

 

« L’immobilisme et la pusillanimité sont toujours plus dangereux que l’audace, écrivait Pierre Mendes France. Les problèmes sont si difficiles et d’une si grande ampleur, la résistance des égoïsmes est si forte, que c’est avant tout de l’audace qu’il nous faut aujourd’hui. De l’audace intellectuelle et politique, plus rare de nos jours hélas !, que le courage physique. »

 

Dire la vérité et décider de construire, tous ensemble, un nouveau contrat social adapté aux contraintes et aux désirs de ce temps est sans doute la meilleure façon de renforcer la cohésion et la résilience de notre société.

 

 

Michel ROCARD est ancien Premier Ministre.

Pierre LARROUTUROU est économiste.

Ils ont publié ensemble La gauche n’a plus droit à l’erreur (Flammarion 2013) et sont avec Stéphane HESSEL et Edgar MORIN parmi les fondateurs du collectif Roosevelt 2012 qui rassemble aujourd’hui plus de 100.000 citoyens.

 

www.Roosevelt2012.fr

 

 



[1] Cf Rocard et Larrouturou Pourquoi les Etats payent-ils 600 fois plus que les banques ? Le Monde 5 janvier 2012

4e jour de jeûne devant l'Assemblée. Hier, nous avons reçu la visite et le soutien de Christiane HESSEL, Cynthia FLEURY, Guy BEDOS, Bruno GACCIO, Patrick VIVERET, Emmanuel POILANE, Patrick PELLOUX, Jean-Pierre WORMS et plusieurs dizaines de citoyens de 7 à 87 ans. Sans oublier les 1587 qui jeûnent eux aussi chez eux ou à leur travail. Un grand merci à tous, on a rarement vu un jeûne aussi sympa et convivial !

15 propositions pour agir face à la crise
15 propositions pour agir face à la crise
15 propositions pour agir face à la crise
Roosevelt Aude soutenait la marche nationale des chômeurs et précaires à Carcassonne le 19 juin 2013

Le collectif Roosevelt Aude soutenait la marche des chômeurs et précaires à Carcassonne place Carnot le 19 juin 2013

De quoi est né le socialisme ? de la révolte de tous ces sentiments blessés par la vie, méconnus par la société. Le socialisme est né de la conscience de l'égalité humaine.

Léon Blum

Réveillons l'Assemblée en direct

Pour voir ou revoir le direct avec Médiapart et le collectif Roosevelt 2012 le soir du 14 mai 2013 devant l'Assemblée Nationale, attention avancer le curseur de 14 minutes, pour avoir le début des débats :

"Un sursaut est nécessaire"

L'appel à la croissance de François Hollande a été la sonnette d'alarme qui a remis en question le dogme de l'austérité imposé par l'Allemagne merkélienne, le Fonds monétaire international (FMI), les économistes distingués (les mêmes qui n'ont pas prévu la crise de 2008).

Un an plus tard, l'austérité est de plus en plus fortement contestée, y compris par le FMI, mais le mot "croissance", utile pour contester l'austérité, est devenu stérile. La croissance ne peut être que très faible dans les pays à économie développée, même en période de prospérité. De plus, elle incite à continuer la course aveugle de nos économies, vouées à produire pour produire, consommer pour consommer. Non moins inadaptée est la compétitivité, qui accroît le chômage en réduisant les emplois, augmente le mal-être des travailleurs en les surchargeant de tâches hyperspécialisées, provoque stress, accidents, absentéisme, qui diminuent la compétitivité.

UNE ÉCONOMIE RENOUVELÉE

Notons un aveuglement : au lieu d'inciter à la réforme des entreprises, en remplaçant les hiérarchies rigides et les compartimentations par une organisation plus complexe (laquelle montre sa validité dans les entreprises qui en ont pris l'initiative), on continue à inciter à la compétitivité par la pire des voies.

Ici, nous touchons au coeur même du problème économique, qui est aussi l'un des noyaux du problème social et humain. Il est aujourd'hui possible d'ouvrir une voie nouvelle, en se souvenant du rooseveltisme, et en reprenant certaines de ses idées-clés (séparation réelle des banques de dépôt et des banques d'affaires, une réforme ici insuffisamment réalisée), mais aussi en transformant la relance rooseveltienne par une économie renouvelée.

Pourquoi renouvelée ? Parce qu'il ne s'agit nullement de reprendre un modèle étatico-bureaucratique ni de décréter la suppression du capitalisme, mais d'agir pour la régression du capitalisme. Il est prioritaire de lutter non seulement contre l'évasion fiscale et de promouvoir la suppression des paradis fiscaux, mais aussi, avec une taxe de style Tobin, de tendre à la suppression du pouvoir hégémonique de la spéculation financière. Telle était la promesse du candidat Hollande, qu'il ne peut mettre en exécution qu'en surmontant les multiples pressions subies.

Certes, la nouvelle politique économique refoulera progressivement l'empire du profit et, par là même, elle opérera la remoralisation nécessaire (pour laquelle des cours de morale ne suffiront pas). elle le fera selon trois voies en interaction.

UNE POLITIQUE DE LA CAMPAGNE

La première voie est celle du lancement massif d'une économie verte. Il s'agit de généraliser les sources d'énergie propre et renouvelable (qui ne se limite pas au solaire et à l'éolien) et de développer une urbanisation humanisée et une nouvelle ruralité salubre : une politique de la ville qui inciterait à généraliser les zones piétonnes et réservées aux transports publics, des grands travaux ceinturant les périphéries urbaines de parkings ouverts gratuits et les centres-villes de parkings souterrains. Cette politique favoriserait la mixité sociale, surtout dans les zones où se construiraient de nouvelles habitations. Elle traiterait le quasi-apartheid de la jeunesse des banlieues par de vastes "maisons de la jeunesse" (analogues à celles qui ont montré leur réussite à Rio et à Medellín), où les jeunes sont scolarisés, initiés à l'informatique, aux arts, et surtout reconnus dans leur dignité humaine. (Toute pensée politique de gauche doit se fonder sur le besoin de reconnaissance propre à tout être humain.)

Une politique de la campagne refoulerait progressivement l'agriculture industrialisée (qui tue et stérilise les sols sous l'accumulation d'engrais chimiques, abuse de pesticides, homogénéise ses productions) au profit de l'agroécologie et de l'agriculture fermière qui reconstituent la biodiversité. Elle réduirait rapidement l'élevage industrialisé, qui se fait dans des camps d'extermination pour animaux, les bourre d'antibiotiques, souille les nappes phréatiques, et nous donne de la viande insipide, voire malsaine.

Tout cela devrait être mis en liaison avec une grande politique de santé publique qui comporterait le contrôle permanent de l'industrie pharmaceutique, dont des scandales successifs révèlent que le profit du malade est souvent dominé par le profit de la firme. Elle engloberait également un contrôle rigoureux de l'industrie alimentaire, les récents scandales ont montré fraudes et malversations. Elle favoriserait les échanges directs et locaux entre producteurs et consommateurs en réduisant l'hégémonie des hypermarchés. Enfin, une telle politique favoriserait, par l'école et les médias, une éducation générale à la consommation.

UN PRÉSIDENT NORMATIF, NON NORMAL

La nouvelle économie favoriserait, par des mesures fiscales et des crédits appropriés, l'économie sociale et solidaire des mutuelles coopératives et autres qui, bien qu'anciennes, connaissent un véritable renouveau et contribuent aussi bien à la réduction du règne du profit qu'à la moralisation économique.

Enfin, la nouvelle économie favoriserait par des crédits ou des avances sur recettes toute entreprise favorisant la solidarité et la convivialité dans notre société.

Nous savons que les freins énormes à toute nouvelle politique se trouvent dans des intérêts toujours très puissants ; nous ignorons qu'ils se trouvent aussi dans une carence de pensée. L'absence d'une pensée sur notre monde contemporain, sur la crise actuelle, non seulement économique, mais généralisée de l'humanité à l'ère de la mondialisation, tout cela conduit à la courte vue, à l'incapacité de traiter la complexité de nos réalités. C'est pourquoi il est souhaitable que la réforme de l'enseignement dépasse le cloisonnement des connaissances, elle doit introduire des méthodes de complexité aptes à saisir de façon pertinente les problèmes fondamentaux et globaux.

La nouvelle politique comporte une révolution culturelle, d'où la difficulté de la concevoir et de la mettre en oeuvre. Mais la gravité de la crise qui, je le répète, n'est que partiellement économique, ne fera que s'accroître, suscitera par là même le sursaut et le changement de cap. Ce premier anniversaire du quinquennat devrait être l'occasion d'un sursaut vital.

Cher François Hollande, supprimez le secrétaire général du Parti socialiste encore caché sous le président de la République. Soyez un président normatif, non normal. Promouvez une politique de salut public qui puisse réveiller la nation et mobiliser son meilleur, l'énergie et les aspirations de la jeunesse, liées aux bonnes volontés présentes chez nos concitoyens.

Edgar Morin (Sociologue et philosophe)

FRANCOIS HOLLANDE : STOPPEZ L'EVASION FISCALE !

APPEL A LA METAMORPHOSE DU MONDE

LA DETTE

La dette
Diaporama assez complet sur la crise.
Tout ce que vous avez toujours voulu sav
Présentation Microsoft Power Point 1.2 MB
manifeste pour la m-tamorphose du monde
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DES ECONOMISTES ALLEMANDS RECOMMANDENT LA SEMAINE DE TRAVAIL A 30 HEURES

SCINDER LES BANQUES

"DiaCrisis publie les déclarations de 130 personnalités soutenant une scission des banques : (Association de loi 1901, dont le but est d'aider à traverser les crises qui sont devant nous...) Un partenariat a été lancé avec Roosevelt 2012, groupe de citoyens et inspirateur de la motion 4.

 

Lien : "Scinder les banques"

Lien vers la pétition : "Pour une vraie séparation des banques d'affaires et de dépôts"


"Le gouvernement français propose actuellement une réforme de la structure de son système bancaire. Elle pourrait être l’opportunité exceptionnelle de remettre le secteur financier au service de l’économie réelle, et de protéger l’épargne du pays.

Or, avec 5 banques figurant sur la liste internationale des 29 banques à risque systémique dressée en 2011 par le G20, la France souffre d’une hypertrophie de ses mégabanques. Par exemple, le bilan de BNP Paribas représente 10 années de recettes nettes de l’État. Ce phénomène est amplifié par le choix résolu de promouvoir un modèle de banque soi-disant universelle, mettant l’ensemble du système bancaire à la merci de pertes spéculatives dans les banques d’investissement.

La solution la plus simple et la plus sûre consiste à scinder ces banques dans des groupes distincts, pour protéger les comptes bancaires des clients et les finances des contribuables. Ce modèle de banques spécialisées a d’ailleurs prévalu en France et dans le monde pendant des décennies, sans aucune crise bancaire. Et ce jusqu’à la dérégulation intégrale survenue durant les années 1980.

Malheureusement, la France, influencée par le lobbying forcené de ses mégabanques, a refusé d’ouvrir un débat public pour revenir à un juste équilibre. Au contraire, elle s’est précipitée sans transparence dans une réforme sabotée, sans même attendre les résultats des réflexions européennes en cours.

Le fait est que très peu d‘arguments sérieux viennent à l’appui du modèle de banque “universelle”. La meilleure preuve est que ce modèle est principalement défendu par les banques universelles elles-mêmes, et une poignée d’économistes travaillant avec le secteur financier. Bien au contraire, la plupart des grandes personnalités internationales du monde économique, de parole libre, défendent une scission pure et simple des banques.

Parce qu’il est fondamental qu’un débat démocratique ait lieu et que le public soit informé, l’association DiaCrisis a regroupé les déclarations de 130 personnalités soutenant une telle scission. Son but est de montrer que le soutien à une séparation stricte des banques est en fait la règle, y compris chez les financiers. Par exemple, selon un sondage Agefi de novembre 2012, la majorité des cadres du secteur bancaire soutient la scission…

Il y a urgence. Alors parlons-en. Vraiment !"

DECES DE STEPHANE HESSEL

L’ancien résistant, diplomate et écrivain français Stéphane Hessel est mort ce mercredi à l’âge de 95 ans. Invité sur LCI l’an dernier, l’auteur de « Indignez-vous ! » envisageait, calmement et sans crainte, son propre décès :

« Je considère qu’il ne faut pas vivre trop vieux. Il faut vivre, avec plaisir, tant que l’on a à peu près les moyens de s’exprimer. Tant que cela dure je suis content de vivre. (...)

La mort est pour moi un grand projet. Je pense que de toutes les expériences que l’on fait dans une vie, l’expérience peut-être la plus intéressante, c’est la mort. A ce moment-là, on va voir, qu’est-ce qui reste et qu’est-ce qui vient.

La vie, on l’a derrière soi. Elle a été, pour moi, belle. Avec des moments affreux et des moments admirables. Mais la mort sera peut-être plus belle encore, qui sait ? » (RUE 89, mercredi 27 février 2013)

Les signataires de la motion 4 et du collectif Roosevelt 2012 de l’Aude rendent hommage à cette figure de la résistance citoyenne :

"Hommage à Stéphane HESSEL indigné et engagé toute sa vie. Il a été l'un des fondateurs de Roosevelt 2012 et de la motion 4. Un bel exemple pour tous."

 Texte de Pierre LARROUTUROU : C'était un homme lumineux... Lire la suite en cliquant sur le lien.

 

FAUT IL REDUIRE LE TEMPS DE TRAVAIL ?

Pour soutenir la proposition n° 13 du manifeste ROOSEVELT 2012, pour montrer notre mobilisation, votez sans attendre :

Résumé de la proposition n° 13 :

Négocier un autre partage du temps de travail et un autre partage des revenus :

« La question du temps de travail mérite mieux que le débat caricatural que nous avons eu il y a quelques années, affirmait le 23 octobre 2010 le Président de la Commission Emploi du MEDEF. Aujourd’hui, il est très difficile de trouver un emploi stable avant 28 ou 30 ans. Puis, entre 30 et 40 ans, on demande aux gens de travailler plein-pot et de tout réussir en même temps : leur vie privée et leur vie professionnelle. Puis vers 55 ans, on les jette comme de vieux mouchoirs tout en leur demandant de cotiser plus longtemps. Objectivement, cela n’a pas de sens, continuait Benoît Roger-Vasselin devant une assistance étonnée. Il faut rouvrir le débat sur une autre répartition du temps de travail tout au long de la vie.»

Le partage du travail actuel est un non-sens :

• d’un côté tous ceux et celles qui font 0 heures par semaine car ils sont au chômage.

• de l’autre, tous ceux qui travaillent plein pot (et parfois trop) : la durée réelle d’un plein temps est supérieure à 38 heures d’après l’INSEE

• au milieu, toutes celles et ceux qui galèrent avec des petits boulots à temps partiel, sur la semaine ou sur l’année.

Cette forme de partage du travail est un non-sens car elle provoque une énorme souffrance aussi bien du côté de ceux qui travaillent 0 heure par semaine que du côté de ceux qui travaillent plein-pot mais acceptent de plus en plus des emplois stressants ou médiocrement payés car ils ont peur d’être dans le prochain plan social (« si tu n’es pas content, va voir ailleurs »). Ce partage du travail profite essentiellement aux actionnaires dont les revenus n’ont jamais été aussi élevés.