En écho à la manifestation contre le mariage homosexuel

En écho à la manifestation de la droite catholique du week-end dernier et très modestement après la lecture du billet d’Henri Pena Ruiz, je me permets d’apporter ma contribution à la réflexion sur le mariage homosexuel.

« L’Eglise catholique vient de montrer le peu de cas qu’elle faisait de la    laïcité », remarque H. Pena Ruiz, effectivement, de quel droit une religion se mêle-t-elle d’une question uniquement laïque ?

Je peux reconnaitre à la droite politique le droit à la contestation, de même aux citoyens de ce pays quel que soit leur religion. Mais je ne peux reconnaitre ce droit au nomd’une religion dès l’instant qu' il s’agit d’un projet de loi laïque.

Il ya 2 formes de mariages, l’un religieux et l’autre civil. Que je sache, l’état ne se mêle pas des cérémonies religieuses du mariage, ce n’est pas son rôle. Alors que faisait-elle dans la rue, l’Eglise Catholique ?

Juste une remarque, le mariage civil, au delà d’un engagement affectif, va permettre à des personnes de même sexe vivant ensemble d’avoir les mêmes droits que les autres, c’est simplement une question de justice sociale. L’achat d’une maison, un prêt bancaire, des prestations sociales, une séparation, un divorce, une succession…Beaucoup de personnes de même sexe vivant en couple ont vu leur vie complètement dévastée après une séparation ou un décès, tout simplement par manque de protection lié à un vide juridique. Leur mariage aurait pu empêcher de grandes souffrances et une grande injustice. Que vient faire la religion la dedans ?

Et je reviens au billet d’Henri Pena Ruiz que vous pouvez lire en entier sur ce site :

« «La laïcité, c’est le respect de toutes les religions» dit Laurent Wauquiez (Le Figaro du 6 Janvier). Trois erreurs en une formule. D’abord le respect porte non sur les religions mais sur la liberté de croire, qui n’implique nullement que les croyances et les opinions soient en elles-mêmes respectables (…..)

Si respect il doit y avoir il ne saurait se réduire à la liberté de croyance religieuse. La liberté de se choisir athée ou agnostique, ou de n’avoir aucune croyance, est tout aussi respectable, sauf à faire des discriminations (….)

Enfin la laïcité n’est pas qu’une attitude : elle se définit comme cadre juridique du vivre ensemble fondé sur des principes de droit universels et non sur un particularisme religieux. Liberté de conscience et autonomie de jugement, égalité de droit, sens du bien commun à tous : tel est le triptyque fondateur d’un idéal plus actuel que jamais. »

Pour finir, je dirais que cette loi qui doit être votée, si nécessaire soit elle, et le tumulte conservateur qui en résulte ne doit pas mettre en sourdine les réformes essentielles qui doivent être mises en œuvre concernant la fiscalité, la lutte contre la pauvreté, le chômage, la lutte contre la finance débridée, les paradis fiscaux, le secteur bancaire, le dumping social en Europe et j’en passe…

On attend toujours…

Elisabeth THOMAS

 

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