Le socialisme gourmand ...

Je ne résiste pas à l'envie de vous faire part de ma lecture du moment "Le socialisme gourmand" de Paul ARIES. A méditer fortement, pour résister à la grisaille de nos organisations politiques souvent austères et tristes.

Synopsis :

Inutile de faire à nouveau le réquisitoire du capitalisme : il est déjà si lourd qu'il finit par nous assommer. Ce qui importe, c'est d'en finir avec les passions tristes au coeur du capitalisme, mais aussi de courants de gauche et de la décroissance du « ni droite ni gauche ».
Ce livre revient sur les expériences du mouvement ouvrier, passionnantes mais oubliées, comme les bourses du travail, le mouvement coopératif, le socialisme municipal ou le syndicalisme à bases multiples. Il témoigne aussi des « gros mots » qui s'inventent internationalement pour dire les nouveaux chemins de l'émancipation : buen vivir, vie bonne, jours heureux, vie pleine, convivialisme, etc. Il en appelle à une gauche maquisarde, buissonnière, prenant en compte l'antiproductivisme, les luttes écologiques et la joie de vivre.
Pour Paul Ariès, les gens n'ont pas besoin d'être éduqués : ils ne sont pas idiots mais angoissés, pas abrutis mais blessés dans leur sensibilité. Ce livre est un appel à favoriser les dynamiques de décrochage et les actes de « désadhésion », un appel à l'expérimentation et à l'insurrection des existences.

 

EXTRAIT :

« Un des premiers territoires à libérer n’est il pas celui de nos organisations afin d’en faire des lieux de créativité gourmande ? En trente cinq ans de vie militante, j’ai souvent eu le sentiment de retrouver la dureté des relations capitalistes au sein de nos mouvements (de gauche). Nos organisations sont peut être construites pour mener des batailles et gagner des guerres mais pas pour y vivre. On est bien plus heureux et bien plus vivant dans un club de boulistes, un groupe d’amis, en famille, qu’au sein d’une avant-garde révolutionnaire. Les vraies amitiés y sont rares et fragiles.

Le grand mal de la gauche, c’est l’anesthésie de la vie. Je n’ai jamais trop aimé le sérieux appliqué dont on doit faire preuve dans le militantisme, les réunions sans réels débats, les rapports qui répètent la doxa du moment pour prouver son orthodoxie, les pétitions lancées pour occuper les militants, etc.

Cet assèchement de la vie militante n’est pas sans rapport avec la foi en des « lendemains qui chantent ». La glaciation couve sous le feu ardent des engagements sacrificiels. Il y a urgence à changer, car aux gauches défaites répondent des militants dépités et clairsemés. Je ne me sens plus chez moi dans cette gauche composée majoritairement d’élus (anciens ou futurs notables) : les simples militants manquent avec ce qu’il y avait de gratuit dans leur engagement. Il y a urgence car cette gauche ci-devant attire des personnalités peu douées pour la vie ». (…)

 

Elisabeth

 

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