GUERRE ET NATURE - AUTOPSIE D'UN LIVRE PAR LAURENT CHAVANETTE

CHRONIQUE DU LIVRE "GUERRE ET NATURE, l'Amérique se prépare à la guerre du climat" de Jean-Michel Valentin. Editions Prisma. Janvier 2013.

"Ce livre traite de la jonction entre deux données que nous n'avons pas forcément l'habitude de rapprocher : le lien entre la guerre et la nature. Il nous instruit sur les stratégies imaginées par les Etats-Unis pour se préparer à affronter les dégâts causés par la crise écologique et énergétique mondiale et les désastres sociaux, la misère et la violence qui en découleront.

En effet, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, les américains ont multipliés les conflits : guerre du Vietnam (1964/1975), et plus récemment la guerre du Golfe (1990/1991), la guerre contre les talibans en Afganistan et bien sûr la guerre en Irak.

Ces conflits engendrés par des idéologies, la politique, ou par un combat pour ses intérêts déguisés en combat pour "le bien", pourraient bientôt être engendrés par des frictions entre les nations dues au manque de ressources, d'énergie d'origine fossile et à des conditions de vies devenues insupportables ...

Les Etats-Unis étudient les éventuels scénarios résultant de la nouvelle problématique que l'on peut qualifier de socio-environnementale et s'y prépare et espérant pouvoir tout anticiper.

Dans ce contexte, la course au "graal" nommé "pétrole" tourne à l'obsession ! Il faut faire des guerres, dépenser des sommes astronomiques, brûler donc des quantités énormes de pétrole pour pouvoir continuer à avoir quoi ? : A avoir de l'argent et du pétrole ! ... drôle de logique ...

Une prise de conscience des problèmes énergétiques résultant de la crise écologique de la part de certaines élites américaines, surtout parmi les conservateurs, les poussent à aller vers un monde plus "soutenable",vers le développement durable, non pas pour changer de système, de société pour qu'elle soit plus apaisée, mais plutôt pour que le d2veloppemnt à "l'occidentale" et le fonctionnement de la société américaine actuel puisse durer plus longtemps ! Ce même système, ce même mode de développement qui est pourtant une des principales causes des problèmes craints ...

Le gouvernement américain prend de plus en plus la mesure de la raréfaction des ressources fossiles et se soucie désormais de la façon dont l'US AIR FORCE, la NAVY, et l'US ARMY (extrêmement énergivores) pourront s'adapter à un monde en mouvement où la fuite en avant pourra bientôt être stoppée par le mur de réalités concrètes.

L' Amérique des Etats-Unis, sous couvert de nouvelles pratiques "respectueuses de l'environnement", cache un projet horrible d'accaparement des ressources qu'elle sait rares, et qui, si elles venaient à manquer, pourrait faire relativiser sa toute puissance. L'on doit savoir tout cela et cet ouvrage nous renseigne ...

P.S. : Mention spéciale au chapitre 5 qui porte une analyse sur certains films et ouvrages qui montrent comment cinéastes et écrivains, dans le genre de la science fiction, ont dépeint depuis les années 60 le monde dans lequel ces excès pourraient nous mener.

 

LES PARADIS FISCAUX TUENT LA DEMOCRATIE

COMBATTRE LA MAFIA DE L'EVASION FISCALE

A lire un texte d'Edwy Plenel, fondateur du site  MEDIAPART sur l'EVASION FISCALE érigée en pratique "normale" dans tous les recoins, économie, politique..., de nos sociétes. Texte complet faisant référence à plusieurs reprises au New deal et à Roosevelt.

 

 

Combattre la mafia de l'évasion fiscale.
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CATASTROÏKA

  http://www.catastroika.com/indexfr.php

A VOIR  :Révisant des exemples de privatisations dans des pays développées, CATASTROIKA essaie de prévoir ce qui va se passer si le même modèle s΄applique à un pays sous surveillance économique.

 Un documentaire avec permission de libre distribution et retransmission, auquel tu peux participer. Deviens co-producteur.

 

                                 

INTERVIEW DE FREDERIC LORDON SUR CHYPRE

Frédéric Lordon: « l'Union Européenne a laissé ses banques faire n'importe quoi »

Vendredi 22 Mars 2013 – MARIANNE2.fr

Marianne: Que pensez du plan de sauvetage de Chypre présenté par la troïka, Union européenne, Banque centrale européene et FMi, visant à taxer les comptes courants?

 

Frédéric Lordon: L'Europe nous a certes habitué à son attraction pour le pire, mais on ne pensait tout de même pas qu'elle pourrait aller jusque là. Il y a donc à Bruxelles, Commission et Conseil confondus, un don pour la performance herculéenne – en l'occurrence : comment transformer un problème de la taille d'un confetti en potentielle déflagration nucléaire? Pour réussir pareil exploit, il faut produire une solution qui, très au delà des intéressés – les déposants des banques chypriotes –, soit de nature à frapper, mais catastrophiquement, les esprits dans toute la zone européenne.

 

C'est précisément ce que réussit l'extravagante idée de renflouer les banques en taxant les dépôts, c'est-à-dire en envoyant urbi et orbi le signal tout à fait explicite qu'aucun déposant européen n'est plus en principe à l'abri de voir ses encaisses mises à contribution pour rattraper les petits déboires des banques. Aurait-on voulu provoquer une panique bancaire et un run sur les dépôts dans tous les pays où la situation des banques, loin d'être réglée, appellera probablement de nouvelles opérations de sauvetage – on pense en particulier à l'Espagne –, qu'on ne s'y serait pas pris autrement.

 

Ajoutons, par extension, que l'inquiétude serait alors susceptible de gagner les déposants des banques (réputées) saines par le simple jeu des interconnexions bancaires européennes. Il faut prendre vraiment les déposants pour des crétins pour s'imaginer qu'ils resteraient bras ballants sans se rendre compte de rien si une banque tierce, dans laquelle leur banque propre se trouve notoirement engagée, venait à être victime d'un run – spectacle dont on ne peut douter qu'il soit absolument frappant, et dont la probabilité a maintenant été singulièrement relevée quand les clients des banques à problème sont susceptibles de passer au tourniquet en cas de bail out.

Le scandale des renflouements bancaires avait pourtant fini par faire émerger la notion de « bail-in », c'est-à-dire l'idée que l'addition devraient être réglée par qui de droit, ou plutôt de devoir, en l'occurrence non pas par « l'extérieur » (out) des contribuables (qui n'y sont pour rien), mais par « l'intérieur » (in) des créanciers, qui ont sciemment pris des risques en prêtant aux banques, dûment touché les taux d'intérêt quand tout allait bien, mais qui ont été soigneusement exonérés (par les gouvernements) de tout effort quand les choses ont mal tourné. Il y avait là au moins le commencement d'un progrès intellectuel... que le plan « Chypre » réussit à inverser en scandale redoublé en donnant au bail-in le sens du sauvetage non par les créanciers mais par les déposants ! - en effet, eux aussi, pour leur malheur, sont « à l'intérieur »...

 

Marianne: Mais en sauvant les banques chypriotes, sans mettre à contribution les déposants, on aurait aussi sauvé les mafieux «gratuitement». Cet argument a-t-il du sens?

 

Frédéric Lordon: Même « l'objection » des déposants à moralité douteuse, dont les banques chypriotes se sont fait une spécialité, ne peut justifier d'avoir envisagé une mesure aussi dangereuse. Il est bien certain que l'idée de devoir sauver les dépôts d'un bataillon d'oligarques aux fortunes pestilentielles, de mafieux, trafiquants d'armes ou d'êtres humains, a tout pour rester en travers du gosier. Mais au lieu d'une décision qui ne produit aucune discrimination, on pouvait commencer par garantir absolument les dépôts des résidents pour envisager de ne s'en prendre qu'aux dépôts des non-résidents (au sens de l'UE).

 

C'est bien ce qu'ont fait les Islandais qui n'ont pas hésité à refuser d'indemniser les clients britanniques et hollandais de leurs banques quand celles-ci étaient sur le point de s'écrouler. On ne sache pas d'ailleurs que ces pauvres clients non-résidents des banques islandaises aient eu quoi que ce soit à se reprocher, sinon d'avoir été victimes des promesses de la mondialisation financière et de s'être laisser tourner la tête par des promesses de rémunération accrue... mais sans se préoccuper de la sécurité de leurs avoirs dans des institutions situées hors de leur propre espace juridique – mais il n'est probablement pas d'autre moyen que ces déconvenues cuisantes pour venir à bout de l'esprit de cupidité; on peut d'ailleurs parier que tous ces infortunés déposants resteront maintenant tranquillement chez eux plutôt que d'aller courir la banque en ligne mondialisée pour gratter quelques points de taux d'intérêt en plus.

 

Quant aux oligarques et autres mafieux qui ont, ou se sont arrangés pour avoir des passeports chypriotes (ou intra UE), eh bien tant pis – pour nous ! Dans une situation pourrie, la rationalité est de choisir entre deux maux le moindre. Rien ne surpassant le risque de la panique bancaire, la seule ligne de conduite raisonnable consistait à l'éviter à tout prix – quitte à devoir sauver au passage quelques crapules.

 

Marianne: Selon vous, comment aurait-il fallu agir?

 

Frédéric Lordon: La constitution même du problème chypriote en dilemme suggère de sortir de l'affrontement sans issue des deux arguments opposés :

1) taxer les dépôts envoie un signal potentiellement désastreux;

2) ne pas les taxer exonère des déposants auxquels on aurait volontiers fait la peau et dont l'idée qu'ils vont bénéficier du sauvetage choque la moralité élémentaire.

 

Mais voilà, le dilemme est constitué et il faut faire avec. La ligne de conduite aurait donc dû être la suivante :

1) dans une situation aussi défavorable, choisir ce qui sauve, et tant pis pour les coûts (de moralité) qui doivent s'en suivre, il est trop tard pour se préoccuper de ce à quoi on n'a prêté aucune attention dans le passé ; mais

2) se poser aussitôt la question de savoir comment cette situation de dilemme en est venue à se constituer, et taper aussi fort que nécessaire pour qu'elle ne se reproduise plus !

 

En l'occurrence, une fois de plus, la réponse est très simple : l'UE a laissé ses banques faire n'importe quoi. Dans le cas chypriote, le « n'importe quoi » créateur du dilemme est d'une nature un peu particulière puisqu'il a à voir avec la tolérance coupable aux activités de blanchiment d'argent sale à une échelle extravagante relativement à la taille du secteur bancaire. Si l'UE avait eu tant soit peu de jugeote, elle aurait annoncé, sitôt un plan de sauvetage (non suicidaire !) décidé, de mettre les banques chypriotes sous tutelle et de passer au Karcher leurs livres pour en exclure tous les clients douteux, avant de prendre des mesures draconiennes et générales afin d'en finir avec cette invraisemblable négligence qui a conduit à ce que l'un des secteurs bancaires de l'Union se fasse quasiment un business model du recyclage d'argent sale.

 

Le plus extravagant dans cette affaire est que le cas chypriote n'est formellement pas autre chose qu'un dérivé particulier de la situation tout à fait générale où se sont trouvés les gouvernements quand il a fallu sauver les banques en 2008-2009, à savoir:

1) on a laissé les banques faire n'importe quoi – le n'importe quoi en l'espèce n'ayant pas de caractère proprement crapuleux mais « seulement » celui de prises de risques invraisemblables;

2) la capacité du secteur bancaire à tenir otage toute l'économie a crée une situation de dilemme où ne restaient que des mauvais choix: sauver les banques mais au prix d'un scandale moral sans précédent, ou ne pas les sauver mais tous y passer derrière !

 

Là encore la solution consistait à choisir, dans l'urgence, ce qui sauve, pour aussitôt après fracasser les structures bancaires et financières qui ont produit le dilemme. Comme on sait les banques ont été sauvées sans la moindre contrepartie, les rodomontades de régulations financières sont restées à l'état de... rodomontades, comme l'atteste l'indigente loi Moscovici de « séparation » bancaire (qui ne sépare rien), et rien des dilemmes de la finance en folie n'a été attaqué si peu que ce soit. Pendant ce temps, interloqués, ajoutant les erreurs techniques au scandale politique et moral de la « gestion » de la crise financière, eurocrates et responsables nationaux s'étonnent d'avoir « un problème » avec les populations...

 

NOS RETRAITES CONTRE LEURS PARADIS FISCAUX

Il me semble que cet article fait le tour de la question avec lucidité et pointe du doigt les dérives fondamentales de notre fonctionnement européen anti-démocratique et autoritaire. La question : comment agir et réveiller la conscience citoyenne sur ces 2 problèmes, 1) la mainmise de la finance sur l'espace public et la "protection sociale", 2) l'autoritarisme et un fonctionnement non démocratique de l'Europe.

A lire attentivement :

 

Nos retraites contre leurs paradis fiscaux

Cumul des mandats : le sophisme du "terrain local"

05 mars 2013 Par Martine Chantecaille – BLOG MEDIAPART -

 

Conformément au vote des militants socialistes sur la rénovation démocratique, François Hollande comme les candidats socialistes aux élections législatives se sont engagés à mettre en œuvre une loi interdisant le cumul d’un mandat de parlementaire avec un autre mandat local exécutif. Les candidat-e-s socialistes ont, par ailleurs, promis de passer directement aux actes en la mettant en œuvre de manière anticipée.

Cette réforme -somme toute limitée car elle permet encore le cumul du mandat de parlementaire avec un mandat local non-exécutif et laisse de côté la question des mandats locaux dont le cumul en nombre et dans le temps devrait aussi être très encadré !- s’oppose à de nombreuses résistances, notamment de la part des parlementaires eux-mêmes… A l’initiative de Daniel Fasquelle, député-maire UMP, une association est ainsi en voie de création pour mener campagne en faveur du cumul.

Afin de ne pas passer pour des défenseurs acharnés de simples intérêts particuliers, ceux qui prônent le cumul font bien sûr valoir l’intérêt général qu’il présenterait et ils mettent notamment en avant la nécessité de garder un lien avec le « terrain local ». Le non-cumul provoquerait, lui, des élus « hors-sol », déconnectés des réalités de leur circonscription.

Petite déconstruction en 5 points …

1- De la présence aux réunions à l’examen des dossiers en passant par les rencontres citoyennes, tout mandat demande qu’on lui consacre du temps. Le don d’ubiquité ne faisant pas partie de la valise parlementaire, le cumul des mandats est générateur d’absentéisme. C’est d’ailleurs ce qu’a confirmé l’étude récente de Laurent Bach [1] : « la participation aux séances publiques et aux commissions parlementaires serait pour l’ensemble de l’Assemblée supérieure d’au moins un quart si tous les députés se comportaient comme ceux qui aujourd’hui n’ont pas de mandat local et ne cherchent pas à en obtenir ». La présence sur le « terrain national » est, à son tour, si elle est privilégiée, synonyme d’absence sur le « terrain local ». C’est ce qu’a récemment expliqué Barbara Romagnan, députée du Doubs qui a démissionné dès son élection de son mandat de conseillère générale « Si j’étais restée conseillère générale, je serais tenue d’être présente en session plénière un lundi toutes les cinq semaines. La semaine précédant cette session, je participerais à la commission des solidarités. Encore en amont, je passerais une dizaine d’heures à étudier les différents dossiers sur lesquels nous avons à nous prononcer. Si j’estime que la plénière dure environ six heures, la commission deux heures trente et la préparation dix heures, cela représente dix-huit heures trente au minimum. Sachant que je consacre en moyenne trente minutes par rendez-vous à ma permanence parlementaire, une heure trente par visite d’entreprise, d’association ou d’exploitation agricole, en supprimant cette seule journée de session obligatoire au conseil général et le travail afférent, qui revient toutes les cinq semaines, je gagne l’équivalent de trente-sept rendez-vous avec des concitoyens ou de douze visites. Ainsi, exercer exclusivement mon mandat de députée me permet d’être plus longtemps au contact de la population, de la réalité du territoire et de ses acteurs. Ensuite, en étant exclusivement parlementaire, je gagne du temps pour travailler les textes. Si j’avais gardé mon mandat au conseil général, j’aurais dû consacrer du temps aux inaugurations, aux réunions, aux dossiers du département. Si j’étais restée conseillère générale en devenant députée, mon travail d’élue locale s’en serait également ressenti : j’aurais été absente de mon canton au moins trois jours par semaine pour siéger à l’Assemblée nationale »[2].

 

2- En dehors de l’absence inévitable sur un terrain ou sur un autre, le cumul n’est pas non plus sans conséquence sur la nature même du travail législatif. L’étude de Laurent Bach montre, en effet, que le cumul qui « renforce le désintérêt pour les questions liées à la Nation plutôt qu’à la circonscription et entretient la confusion des genres entre les différents niveaux d’administration ». C’est le terrain de la Nation qui pâtit ainsi de cette pratique.

 

3-Quant au fameux lien avec le “terrain local ” qui rendrait indispensable le cumul, il demanderait,si ce principe était juste, que les parlementaires cumulent encore bien davantage ! Selon la logique revendiquée du « je cumule pour le lien avec le local » un-e député-e devrait être maire de toutes les communes et conseiller-e général-e de tous les cantons de sa circonscription afin de ne privilégier aucun de ces “terrains locaux”, de ne manquer à aucun d’entre eux, de n’en favoriser aucun par rapport à un autre. Et si ce n’était pas justement la vision nationale qui garantissait l’absence de confusion des genres voire de conflits d’intérêt ?

 

4- Si le cumul était comme le présentent ses défenseurs était la garantie du sens du réel, il faudrait alors vite alerter de nombreux pays qui ne l’entendent pas ainsi pour que les parlementaires atterrissent enfin dans une réalité qu’ils ignoreraient. Le cumul n’est pas une pratique universelle et de nombreux pays limitent la possibilité, pensant que les élus qui se consacrent à un seul mandat ont…plus de temps pour s’y consacrer !

 

5-La coordination des décisions et actions nationales et locales est, bien entendu, nécessaire. Mais elle n’exige pas que l’on exerce soi-même tous les mandats ! Travailler avec les autres élus ne signifie pas se substituer à eux.

Si, face à des réformes institutionnelles, des résistances ici ou là existent, la détermination à les voir mises en oeuvre appuie sa force sur la conscience de la nécessité de redynamiser notre démocratie et de recrédibiliser la parole politique. Cela vaut bien quelques combats… ________________________________________

[1] Laurent Bach, Faut-il abolir le cumul des mandats ? Editions Rue d’Ulm/Presses de l’Ecole normale supérieure, 2012

[2]« Limiter le cumul des mandats fait respirer notre démocratie », Le Monde, 23/01/20

 

Le non cumul des mandats : c'est maintenant !

Le Monde.fr | 27.02.2013

 

Cumul des mandats : 39 députés PS interpellent le gouvernement

Lire l'article du Monde.fr : cumul des mandats

 

TRIBUNE :

Le non-cumul des mandats est un engagement majeur du président de la République, François Hollande, réaffirmé par Jean-Marc Ayrault. Notre pays est aujourd'hui le seul parmi les démocraties occidentales à accepter ce phénomène du cumul des mandats. Le mandat unique est chez nous l'exception.

Même si cette pratique n'était pas encore juridiquement interdite, les candidats socialistes aux élections législatives avaient pris l'engagement moral de démissionner de leur mandat dans les exécutifs locaux à l'automne. Certains ont tenu leur parole. Ils restent toutefois une minorité. Pourtant, la volonté des militants est clairement établie, et à ce jour force est de constater qu'elle n'a toujours pas été respectée.

Des parlementaires renâclent. Leur argument relatif à l'enracinement local nécessaire aux élus nationaux pour justifier le cumul des mandats n'est pas crédible. C'est oublier que la Constitution prévoit que les députés et les sénateurs sont les représentants de la Nation toute entière. L'exigence démocratique, la transparence et l'exemplarité imposent d'en finir avec cette incongruité française, tant elle empoisonne les mécanismes institutionnels.

Nous souhaitons que l'exécutif dépose un projet de loi pour une application de cette réforme dès les prochaines échéances électorales. Le moment est venu de faire preuve de courage politique, et de nous appliquer à nous-mêmes cette promesse plébiscitée par les citoyens. Il en va de notre crédibilité. Qui peut en effet aujourd'hui dans la situation de crise que nous traversons imaginer que la responsabilité d'un parlementaire, qui adopte des lois et contrôle l'exécutif, puisse être assumée à mi-temps voire à tiers temps ? Nous devons être simples, pragmatiques et efficaces : un mandat parlementaire ne doit pas être cumulé avec une participation à un exécutif local.

Cette mesure permettra une indispensable modernisation de la vie politique française. Elle constituera une avancée démocratique majeure, en entrainant un renouvellement du personnel politique au niveau local, en redonnant à la fonction parlementaire toute sa force et en favorisant la parité, la proximité, et la disponibilité des élus.

Nous sommes convaincus de la nécessité de ce changement et déterminés à son application dès 2014.

Jacques Valax, député du Tarn, et des députés socialistes

 

On peut signer la petition en ligne : signer la pétition

 

Une loi d'apartheid bancaire

Extrait d’un article de Frédéric Lordon sur le blog du Monde Diplomatique

18 février 2013

 

Pour une loi d’apartheid bancaire

(…) Par une indulgence en fait coupable, on pourrait tolérer qu’il demeure des activités de marché. Mais sous l’interdiction formelle faite aux banques de dépôt d’avoir le moindre contact avec ceux qui s’y livrent. Comme on pouvait s’y attendre, la première protestation apeurée (bien à tort) des banquiers français est allée au rappel de ce que le modèle de banque n’était pour rien dans cette affaire, qu’on avait vu de pures banques de marché, comme Bear et Lehman, aller au tapis, et que les banques universelles « à la française » s’était très honorablement comportées. Sauf vaine discussion sur les points d’honneur de la profession bancaire, et le « comportement » réel des banques françaises à l’épreuve de la crise, on appréciera davantage le culot de ces messieurs. Qui sont touchants de candeur de nous enseigner que, oui, être assis sur le tas des dépôts aide bien à amortir les gamelles ! On en est donc arrivé au point où il faut leur rappeler que l’argent du public n’a pas exactement pour vocation de les aider à tenir plus confortablement le choc de leurs pertes spéculatives — on mesurera d’ailleurs l’arrogance innocente de la finance qui, pour se défendre, ne voit même plus le mal à consentir l’aveu qu’elle compte exposer les dépôts aux risques de ses turpitudes spéculatives, et qu’elle est même bien contente de les avoir sous la main !(…)

(…) Il faut couper absolument toute connexion entre les institutions de dépôts et les banques de marché, non seulement, évidemment, tout lien capitalistique du type holding-filiale, mais tout lien de crédit ou de contrepartie avec n’importe quel acteur spéculatif, puisque c’est aussi par ce genre de canaux que les dépôts finissent par se trouver exposés. Ceci signifie qu’une banque commerciale ne pourra en aucun cas être impliquée dans une relation de crédit avec une banque de marché — en tous cas du côté créancier. Laquelle clause suppose alors d’instituer deux marchés interbancaires séparés. Voilà ce qui suit de prendre au sérieux l’idée de séparation bancaire : séparation dans tous les domaines ! Séparation des institutions bancaires elles-mêmes ; séparation de leurs conditions réglementaires (ratios de capital, leviérisation, etc.) ; séparation des marchés interbancaires ; et comme on l’avait proposé il y a quelque temps déjà (« Quatre principes et neuf propositions pour en finir avec les crises financières », 23 avril 2008), séparation des taux d’intérêts de la banque centrale pour les refinancements respectifs des banques commerciales et des banques de marché ( L’idée étant de pouvoir tuer une bulle au début de sa formation en portant les refinancements des banques de marché à des taux d’intérêt meurtriers sans nuire par ailleurs au prix du crédit à l’économie réelle)

Si le socialisme de gouvernement n’était pas complètement colonisé de l’intérieur par la finance, s’il lui restait quelques audaces et s’il avait pris un tant soit peu la mesure des désastres que la finance de marché a infligés au corps social, ça n’est pas cette indigente loi de « séparation » qu’il lui imposerait. Mais une loi d’apartheid.


Pour aller plus loin vous pouvez lire l'article en entier :

La régulation bancaire au pistolet à bouchon

 

Loi bancaire : les contribuables ne doivent pas payer pour la finance

Article du 13 février 2013 dans LIBERATION.

Auteurs : Jacques GENEREUX, Jacques SAPIR, Dominique TADDEI, économistes.

Voir l'article

Les élites françaises vues par Hervé Azoulay

Description de la France des élites, pas forcément par un homme de "gauche" !!
Les élites françaises par H. Azoulay.doc
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Michel Rocard et Pierre Larrouturou interpellent le gouvernement

Dans leur ouvrage commun, "La gauche n'a plus droit à l'erreur", l'ancien Premier ministre et l'économiste expliquent à François Hollande qu'il doit inventer pour la France un nouveau modèle de développement.

"Une société qui ne fournit plus de sens ne peut pas tenir debout.

Notre livre est un cri d'alarme : nous ne sortirons pas de la crise tant que nous n'aurons pas redonné du sens à notre modèle"

Michel Rocard

Michel Rocard, Pierre Larrouturou, Parti Socialiste, nouveau modèle de développement
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QUE FAUT IL FAIRE POUR TRAVAILLER TOUS ET MIEUX ?

"De nombreux éléments nous incitent à parler de « travail » dans le contexte du Green New Deal. Parmi ces éléments, il y a évidemment la nécessité de créer des emplois verts et de qualité, ce qui représente l’un des objectifs principaux de la transformation écologique de notre économie. Cependant, si nous voulons assurer prospérité et qualité de vie pour tous, en respectant les limites physiques de notre planète, cela ne sera pas suffisant. Le Green New Deal propose un réel changement de système, basé sur des idées créatives et innovantes. La question du temps de travail pourrait jouer un rôle important dans ce changement systémique.
La réduction du temps de travail est susceptible d’améliorer la qualité de vie de tous, en assurant un meilleur équilibre entre travail et loisirs ou famille.

Nous mettons à la disposition des lecteurs de notre site cette publication émanant de la "Fondation verte européenne" pour les verts/ALE au parlement européen. C'est une étude sur le travail dans l'espace européen tout en proposant des solutions : comment améliorer le partage du travail et comment réduire les inégalités dans le monde du travail.
Travailler plus travailler moins - Green
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Edgar Morin,En 2013 il faudra plus encore se méfier de la docte ignorance des experts :1er janvier 2013 Le Monde

Hélas, nos dirigeants semblent totalement dépassés : ils sont incapables aujourd'hui de proposer un diagnostic juste de la situation et incapables, du coup, d'apporter des solutions concrètes, à la hauteur des enjeux. Tout se passe comme si une petite oligarchie intéressée seulement par son avenir à court terme avait pris les commandes." (Manifeste Roosevelt, 2012.)

"Un diagnostic juste" suppose une pensée capable de réunir et d'organiser les informations et connaissances dont nous disposons, mais qui sont compartimentées et dispersées.

Une telle pensée doit être consciente de l'erreur de sous-estimer l'erreur dont le propre, comme a dit Descartes, est d'ignorer qu'elle est erreur. Elle doit être consciente de l'illusion de sous-estimer l'illusion. Erreur et illusion ont conduit les responsables politiques et militaires du destin de la France au désastre de 1940 ; elles ont conduit Staline à faire confiance à Hitler, qui faillit anéantir l'Union soviétique.

Tout notre passé, même récent, fourmille d'erreurs et d'illusions, l'illusion d'un progrès indéfini de la société industrielle, l'illusion de l'impossibilité de nouvelles crises économiques, l'illusion soviétique et maoïste, et aujourd'hui règne encore l'illusion d'une sortie de la crise par l'économie néolibérale, qui pourtant a produit cette crise. Règne aussi l'illusion que la seule alternative se trouve entre deux erreurs, l'erreur que la rigueur est remède à la crise, l'erreur que la croissance est remède à la rigueur.

L'erreur n'est pas seulement aveuglement sur les faits. Elle est dans une vision unilatérale et réductrice qui ne voit qu'un élément, un seul aspect d'une réalité en elle-même à la fois une et multiple, c'est-à-dire complexe.

Hélas. Notre enseignement qui nous fournit de si multiples connaissances n'enseigne en rien sur les problèmes fondamentaux de la connaissance qui sont les risques d'erreur et d'illusion, et il n'enseigne nullement les conditions d'une connaissance pertinente, qui est de pouvoir affronter la complexité des réalités.

Notre machine à fournir des connaissances, incapable de nous fournir la capacité de relier les connaissances, produit dans les esprits myopies, cécités. Paradoxalement l'amoncellement sans lien des connaissances produit une nouvelle et très docte ignorance chez les experts et spécialistes, prétendant éclairer les responsables politiques et sociaux.

Pire, cette docte ignorance est incapable de percevoir le vide effrayant de la pensée politique, et cela non seulement dans tous nos partis en France, mais en Europe et dans le monde.

Nous avons vu, notamment dans les pays du "printemps arabe", mais aussi en Espagne et aux Etats Unis, une jeunesse animée par les plus justes aspirations à la dignité, à la liberté, à la fraternité, disposant d'une énergie sociologique perdue par les aînés domestiqués ou résignés, nous avons vu que cette énergie disposant d'une intelligente stratégie pacifique était capable d'abattre deux dictatures. Mais nous avons vu aussi cette jeunesse se diviser, l'incapacité des partis à vocation sociale de formuler une ligne, une voie, un dessein, et nous avons vu partout de nouvelles régressions à l'intérieur même des conquêtes démocratiques

Ce mal est généralisé. La gauche est incapable d'extraire de ses sources libertaires, socialistes, communistes une pensée qui réponde aux conditions actuelles de l'évolution et de la mondialisation. Elle est incapable d'intégrer la source écologique nécessaire à la sauvegarde de la planète. Les progrès d'un vichysme rampant, que nulle occupation étrangère n'impose, impose dans le dépérissement du peuple républicain de gauche la primauté de ce que fut la seconde France réactionnaire.

Notre président de gauche d'une France de droite ne peut ni retomber dans les illusions de la vieille gauche, ni perdre toute substance en se recentrant vers la droite. Il est condamné à un "en avant". Mais cela nécessite une profonde réforme de la vision des choses, c'est-à-dire de la structure de pensée. Cela suppose, à partir d'un diagnostic pertinent, d'indiquer une ligne, une voie, un dessein qui rassemble, harmonise et symphonise entre elles les grandes réformes qui ouvriraient la voie nouvelle.

Je dégagerais ce que pourrait être cette ligne, cette voie que j'ai proposée aussi bien dans La Voie que dans Le Chemin de l'espérance, écrit en collaboration avec Stéphane Hessel (Fayard, 2011).

Je voudrais principalement ici indiquer que l'occasion d'une réforme de la connaissance et de la pensée par l'éducation publique est aujourd'hui présente. Le recrutement de plus de 6000 enseignants doit permettre la formation de professeurs d'un type nouveau, aptes à traiter les problèmes fondamentaux et globaux ignorés de notre enseignement : les problèmes de la connaissance, l'identité et la condition humaines, l'ère planétaire, la compréhension humaine, l'affrontement des incertitudes, l'éthique.

Sur ce dernier point, l'idée d'introduire l'enseignement d'une morale laïque est à la fois nécessaire et insuffisante. La laïcité du début du XXe siècle était fondée sur la conviction que le progrès était une loi de l'histoire humaine et qu'il s'accompagnait nécessairement du progrès de la raison et du progrès de la démocratie.

Nous savons aujourd'hui que le progrès humain n'est ni certain ni irréversible. Nous connaissons les pathologies de la raison et nous ne pouvons taxer comme irrationnel tout ce qui est dans les passions, les mythes, les idéologies.

Nous devons revenir à la source de la laïcité, celle de l'esprit de la Renaissance, qui est la problématisation, et nous devons problématiser aussi ce qui était la solution, c'est-à-dire la raison et le progrès.

La morale alors ? Pour un esprit laïque, les sources de la morale sont anthropo-sociologiques. Sociologiques : dans le sens où communauté et solidarité sont à la fois les sources de l'éthique et les conditions du bien-vivre en société. Anthropologiques dans le sens où tout sujet humain porte en lui une double logique : une logique égocentrique, qui le met littéralement au centre de son monde, et qui conduit au "moi d'abord" ; une logique du "nous", c'est-à-dire du besoin d'amour et de communauté qui apparaît chez le nouveau-né et va se développer dans la famille, les groupes d'appartenance, les partis, la patrie.

Nous sommes dans une civilisation où se sont dégradées les anciennes solidarités, où la logique égocentrique s'est surdéveloppée et où la logique du "nous" collectif s'est "sous-développée". C'est pourquoi, outre l'éducation, une grande politique de solidarité devrait être développée, comportant le service civique de solidarité de la jeunesse, garçons et filles, et l'instauration de maisons de solidarité vouées à secourir les détresses et les solitudes.

Ainsi, nous pouvons voir qu'un des impératifs politiques est de tout faire pour développer conjointement ce qui apparaît comme antagoniste aux esprits binaires : l'autonomie individuelle et l'insertion communautaire.

Ainsi, nous pouvons voir déjà que la réforme de la connaissance et de la pensée est un préliminaire, nécessaire et non suffisant, à toute régénération et rénovation politiques, à toute nouvelle voie pour affronter les problèmes vitaux et mortels de notre époque.

Nous pouvons voir que nous pouvons commencer aujourd'hui une réforme de l'éducation par introduction de la connaissance des problèmes fondamentaux et vitaux que chacun doit affronter comme individu, citoyen, humain.

Edgar Morin, sociologue et philosophe

 

Lettre d'Edouard Martin à François Hollande

 

Florange, le 27 décembre 2012

Lettre Ouverte à Monsieur François HOLLANDE Président de la République

Monsieur le Président, Depuis des mois maintenant, nous nous battons pour notre avenir, celui de nos enfants, celui d'une Région qui n'en finit pas d'être accablée par les mauvais coups. A ce stade de notre combat je vous écris pour que soit connue et comprise notre vision des choses, de manière exhaustive, non tronquée et non déformée. Nous voulons par cette lettre dénoncer tous les MENSONGES et toutes l es ABSURDITES qui se succèdent depuis des mois. Et nous voulons vous faire connaître ce qui, à notre avis, est la VERITE.

LES MENSONGES :

1er MENSONGE : dire qu'une usine continentale n'est pas rentable est faux. Parmi les sidérurgistes européens, plusieurs n'ont qu'une seule usine, continentale et rentable. VOEST ALPINE à Linz en Autriche, US Steel à Kosice en Slovaquie, Salzgitter près de HANOVRE en Allemagne et même Thyssen à Duisburg en Allemagne.-2ème MENSONGE : dire que Florange est une usine trop petite pour être rentable est faux. La plupart des usines continentales sont d'une taille voisine de celle de Florange.3ème MENS0NGE : grâce aux accords de Matignon avec MITTAL on maintient l'emploi. C'est faux. Il n'y aura pas de plan social parce que la pyramide des âges de l'usine conduira au départ naturel de plus de 600 personnes en trois ans. Dès lors, faire un plan social coûterait plus cher à MITTAL qui devrait payer les indemnités de licenciement puis, avant trois ans, embaucher 600 personnes et payer le prix très élevé de leur formation. Ne pas avoir de plan social est une bonnechose, mais ce n'est pas une victoire.4ème MENSONGE : on fera ULCOS. C'est faux. On nous dira dans deux ans ce qu'on nous dit aujourd'hui : que les chercheurs n'ont pas trouvé. Eux n'ont pas la parole, c'est MITTAL qui parle pour eux.5ème MENSONGE: on fera 180 Millions d'euros d'investissements. C'est faux. Même le texte desaccords de MATIGNON le dit. Ce montant contient les dépenses d'OPEX

(dépenses oérationnelles) et de maintenance. Ce qui reste pour les investissements stratégiques estinsuffisant. Et même la maintenance n'est plus faite correctement, les dépenses ont été divisées par deux depuis 2008 et Florange, comme Gandrange naguère et la plupart des usines de MITTAL, est une usine qui se dégrade à vue d'œil.6ème MENSONGE : On renforcera la filière packaging (acier pour emballage). C'est faux. Ces aciers sont en concurrence avec l'aluminium. L'augmentation très forte des prix des minerais et du charbon les a rendus moins compétitifs. MITTAL a trois usines pour fabriquer ces produits en Europe du Nord : LIEGE, FLORANGE, et BASSE-INDRE près de NANTES. Elles sont chargées à40 %. Et MITTAL a promis de renforcer la filière de LIEGE en contrepartie de l'arrêt des Hauts Fourneaux, il a promis de renforcer la filière de FLORANGE en contrepartie de la fermeture des Hauts Fourneaux et i l a promis de pérenniser la filière de BASSE INDRE. A qui ment-il ? Aux

wallons, aux Lorrains, aux Nantais ? ou aux trois ?7ème MENSONGE : en fermant la filière chaude de Florange, on consolide Dunkerque. C'est faux. On alimentera le 3ème Haut Fourneau de Dunkerque avec du coke de Florange. Ce sera donc un Haut Fourneau « continental ». Et même deux fois « continental » puisque le charbon sera venu de Rotterdam à Florange pour faire du coke qui sera réexpédié à Dunkerque.

LES ABSURDITES :

1ère ABSURDITE : c'est un sommet dans l' absurdité : vouloir vendre une usine d'agglomération du minerai, deux Hauts Fourneaux et une aciérie. Sans la cokerie ! Alors que, pour faire de la fonte, il faut mélanger du minerai et du coke ! C'est tellement « gros » que les pouvoirs publics demandent à MITTAL d'inclure la cokerie. Il accepte. Formidable!?2ème ABSURDITE : on va proposer à la vente une usine, à Florange, pour fabriquer des brames sans les laminoirs. Qui peut consommer de brames, ces blocs d'acier de 20 tonnes? Les sidérurgistes qui les laminent. Ont-ils besoin de brames? Non, ils en ont tous un peu trop en Europe. Peut-on les exporter? Non, car, même au Brésil, en bord de mer, sur le minerai, ceux qui en fabriquent, MITTAL en particulier, n'ont pas de client aujourd'hui. C'est donc absurde de chercher à vendre une usine à brames mais on va essayer de le faire ! Pendant deux mois et en mobilisant toutes les ambassades!3ème ABSURDITE : le plan MITTAL pour le packaging français et, notamment, l'usine de Basse-Indre. C'est un jeu de piste : on prend le charbon à Rotterdam, on l'amène à Florange pour y faire du coke, on amène ce coke à Dunkerque pour faire des brames, on ramène ces brames à Florange pour faire des bobines que l'on amène à Nantes Basse-Indre pour les étamer et faire du fer blanc. Et on va expliquer à Basse-Indre, à qui on supprime 60 emplois, que leur produit sera compétitif !4ème ABSURDITE : on veut nous faire croire que si les chercheurs trouvent, on fera ULCOS.ULCOS est un projet européen, financé par la CEE, la France et, pour un tiers, soit 200 Millions d'euros, par le privé (MITTAL ou autre). Personne ne mettra d'argent privé dans ULCOS tant que la tonne de C02 s'échangera à 7 € et qu'il en faudra peut être le double pour faire fonctionner ULCOS(électricité, maintenance, etc..). Quel investisseur privé ira convaincre ses actionnaires de dépenser 200 Millions d'euros dans ULCOS, et, si ça marche, de perdre 15 à 20 Millions d'euros par an si on le fait fonctionner. Et même si la CEE et la France veulent tout payer à M. Mittal, pourquoi mettre 600 Millions d'euros dans un démonstrateur qui sera arrêté après les essais car installé à Florange sur une filière à un seul Haut Fourneau, donc non compétitive. On aurait donc construit la machine à séparer le CO du C02, 40 à 80 km de gazoduc pour aller de Florange jusqu'en Meuse, une station d'enfouissement pour tout mettre à la ferraille à la fin des essais, au bout de 18 mois peut-être. Quelqu'un dira que c'est gâcher l'argent du contribuable français et du contribuable européen et il aura raison. C'est absurde. ULCOS n'a de sens que sur des Hauts Fourneaux pérennes. Nous voulons à Florange des Hauts Fourneaux pérennes et puis ULCOS, s'il est mis au point et financé. Après tant de mensonges et tant d'absurdités il est temps, Monsieur le Président, de se concentrer sur la VERITE.

LA VERITE :

La vérité c'est que l'usine de Florange est compétitive, y compris sa filière chaude, ses Hauts Fourneaux, son aciérie. Ce n'est pas un slogan syndical. C'est Arcelor Mittal qui le dit en 2011, juste

avant de nous arrêter les Hauts Fourneaux. Avant coût d'acheminement des matières, c'est la meilleure et, après ces coûts, c'est la deuxième des cinq usines d'Europe du Nord. La vérité c'est que Monsieur Faure avait raison dans son rapport. La vérité c'est que, par conséquent, un plan de reprise de Florange est crédible. La vérité c'est que l'usine de Florange, comme le dit Arcelor Mittal, compense par ses performancestechniques et, au-delà, les coûts d'acheminement des matières. Par exemple, nos chaînesd'agglomération du minerai, conçues pour enrichir du minerai lorrain pauvre en fer, peuvent utiliser les minerais plus pauvres dont personne ne veut et qui sont moins chers. Plus le prix des matières premières augmente, plus le prix de l'énergie sera élevé, plus Florange renforcera l'avantage qui est le sien au plan de la maîtrise technique. La vérité c'est que Florange n'a aucun handicap logistique au bout du compte puisque c'est une usine dont les clients sont à l'Est (PSA Sochaux et Mulhouse, Mercedes, Audi, BMW, Opel etc... en Allemagne). Florange a été tourné vers l'Est dès sa création. SOLLAC était une coopérative dont l'un des membres (Forges et Aciéries de DILLING) était allemand, qui a apporté son fond de commerce allemand. Après la fusion USINOR SACILOR, Florange a accentué sa vocation à l'Est puisque Dunkerque pouvait satisfaire les clients du Nord de la France. En conséquence, les matières premières qui viennent de Florange ne font pas un kilomètre de trop. Pour Dunkerque ou Gand, livrer les clients allemands oblige à passer par Florange. Puisque Florange est aussi compétitif que Dunkerque, d'après la courbe d'Arcelor Mittal, c'est que Florange est plus compétitif au final, puisqu'il est plus près des clients. La vérité c'est que M. Mittal va supprimer 800 emplois si on englobe la filiale GEPOR et que plus de mille emplois de sous-traitants seront supprimés si la filière chaude est arrêtée. De nombreuses sociétés spécialisées dans les métiers de l'acier (par exemple EFUBA qui s'occupe des réfractaires)vont déposer le bilan. La vérité c'est qu'une des filières de packaging va disparaître. La vérité c'est que les Français se font berner par MITTAL.MITTAL fait 35 MT en Europe, la moitié du marché. En face de lui : deux moyens, plusieurs petits continentaux. Il ne peut pas faire de guerre des prix, si l'acier baisse de 10 €/tonne, il perd 350Millions d'euros par an. Donc, il réduit sa taille tout en restant à des prix élevés et en saturant ses usines restantes, il gagne plus ou maintient ses profits. Il possède 42 % du groupe. Évidemment, ses co-actionnaires sont d'accord. Plus il gagne, plus eux aussi gagnent, et après Liège, c'est au tour de Florange pour deux raisons au moins :La 1ère c'est que MITTAL a des alliés internes dans son raisonnement. Ils sont Flamands, ils dirigent MITTAL Europe du Nord et ils n'ont de cesse de renforcer et de protéger l'usine de GAND. Pour la saturer en toutes circonstances, quoi de mieux que fermer Liège et ensuite Florange, et ensuite de laisser le 3ème Haut Fourneau de Dunkerque devenir continental puisqu'alimenté par du coke venant de Florange ! Ce faisant, s'il n'en reste qu'un, ce sera à GAND. La 2ème c'est qu'il est beaucoup plus difficile de fermer une usine allemande, même moins compétitive que Florange, parce qu'en Allemagne la sidérurgie est en co-gestion avec les syndicats. Au Conseil d'administration, MITTAL a le même nombre d'administrateurs que les syndicats. S'il n'est pas d'accord avec eux, c'est l'administrateur neutre qui fait pencher la balance. Il n'y a aucun cas dans l'histoire où l'administrateur neutre a décidé la fermeture d'une usine contre les syndicats. C'est improbable. MITTAL ne va pas s'y risquer contre les syndicats. Donc, on fait payer Florange. Ça fera du bruit, mais ça se fera quand même, pense MITTAL.

 

Seul dans notre système français, le gouvernement peut l'empêcher. Le gouvernement laissera t-il faire? Monsieur le Président, après vos promesses, nous laisserez-vous être sacrifiés sans comprendre et arrêter cette mécanique à nous broyer? Nous voulons reprendre notre destin en mains. Notre usine est viable. Elle est au top niveaumondial. Monsieur Faure vous l'a dit. Un plan de reprise vous a été soumis qui a été validé par Monsieur Montebourg, Ministre du Redressement Productif, et ses services. Car Florange c'est 1,5 Milliards d'euros de chiffres d'affaires par an. C'est 600 Millions d'euros de valeur ajoutée dont les trois quarts sont exportés et améliorent la balance commerciale de la France.MITTAL en France, c'est la disparition inexplicable de la moitié des profits d'ArcelorMittalAtlantique et Lorraine de 2007 à 2008 alors que le marché était à son zénith? Où sont-ils passés? Ils profitent à qui? A MITTAL? A un autre pays européen? A un autre pays plus lointain? Est-ce là l'origine du litige fiscal de 1,3 Milliards d'euros dont on a parlé? Que devient ce litige? Pourquoi Arcelor Mittal Atlantique et Lorraine n'a-t-il pas déposé, à notre connaissance, ses comptes2011? Les responsables financiers français les ont-ils seulement signés? Nous attendons de votre part des réponses à toutes ces questions.

Nous ne voulons plus de ces mensonges, plus de ces absurdités, plus de ce brouillard, de cesembrouilles fiscales ou financières. Nous voulons retrouver le chemin de la vérité, celui qui nous donnera un avenir.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, en l'expression de mes sentiments les plus respectueux.                                                                                                                                                                                 Edouard Martin

 

ELOGE DE LA DISSONANCE - L'AUTORITE EST-ELLE EN CRISE ?

soumission à l'autorité
LA DÉSOBÉISSANCE MÉRITE
QU’ON ÉCRIVE SON ÉLOGE.
UNE PLACE DE CHOIX NE
DEVRAIT-ELLE PAS LUI ÊTRE
RÉSERVÉE AU SEIN
D’ENTREPRISES QUI PRÔNENT
L’INNOVATION, LE DIALOGUE
ET LA RSE ?
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A l'ombre de la République

Nous avons regardé la projection, Jean François Sauvaget et moi même, de l'excellent documentaire "A l'ombre de la république" de Stéphane MERCURIO, proposé par les "Amis du monde diplomatique" au Colisée le mardi 4 décembre 2012. C'était la première fois qu'une équipe de tournage était acceptée par le Contrôle Général des lieux de privations de liberté (CGLPL). Documentaire impressionnant au coeur des prisons et d'un hôpital psychiatrique. Ces contrôleurs font un travail minutieux et humaniste sur les droits fondamentaux des détenus ou malades internés.

C'est le lendemain de cette projection que nous avons appris que le rapport sur la prison des Baumettes rédigé par cette équipe de contrôleurs avait été remis au gouvernement. Ceux que cela intéressent peuvent cliquer sur le lien et avoir accès à ce document :

 

Rapport sur la prison des Baumettes

 

Notre souhait de plus de justice et d'humanisme ne doit pas nous faire oublier les droits fondamentaux des personnes privées de liberté, quelque soit les causes pour lesquelles elles sont enfermées. 

Elisabeth Thomas

DIMANCHE A FRANCE INTER

Ecouté à France Inter ce matin, dimanche 9 décembre, Emmanuel Terray anthropologue. Le plus frappant dans ses propos : "Quand la gauche devient réaliste, elle se place sous l'hégémonie de la droite et les différences deviennent ténues" Autrement dit la gauche  renonce, à ce moment là, à l'idéal et à l'utopie.